3.Paléolithique : Castelperronien

Nicolas Prudhomme 7 novembre 2016 Commentaires fermés sur 3.Paléolithique : Castelperronien
3.Paléolithique : Castelperronien

Le Castelperronien – 37 000 à 30 000 avant J.C.

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• L’habitat

L’habitat se fait en grottes, en abris-sous-roche (grotte de Belleroche, La Quina, les Cottès, Saint Césaire, Quinçay) et en camps de plein air.

Signalons le cas exceptionnel des cabanes d’Arcy-sur-Cure : les vestiges de deux voire trois cabanes occupent environ 50 m². Les tracés ovalaires de ces cabanes, d’environ 4m de diamètre, sont entourés de pierres plates, abritant des foyers. Le bâti des huttes devait être assuré par des “charpentes” constituées de défenses de mammouths (dont certaines étaient encore engagées dans des blocs de calage).

CONTENU

Outillage moustérien. Il diffère en forme et en dimension de l’outillage castelperonnien, rupture qui avait été interprétée comme le passage de l’homme de Néanderthal à celui de Cro-Magnon, hypothèse aujourd’hui battue en brêche.

Outillage castelperronien (pointe de Chatelperron)

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• Le Paléoenvironnement

Le Castelperronien connaît une phase tempérée, avec des conditions climatiques instables, alternant froid sec et humidité (principalement pour le Castelperronien évolué). Au Castelperronien régressif, le climat devient froid et sec avec moins d’intensité cependant qu’aux phases précédentes.

Sur le plan paléoclimatique, on distingue ainsi deux phases distinctes :

– une première séquence assez tempérée (fin de l’interstade Würm II-III);

– une deuxième séquence, accompagnée d’un ruissellement important, suivie d’un refroidissement sec, puis suivie à nouveau par un ruissellement et par un refroidissement moins intense (Würm IIIa).

La flore est à tendance forestière. Lors des phases d’augmentation de froid, on observe une diminution de la proportion des arbres et des fougères.

La faune chassée est constituée de grands bovidés, de chevaux, de rennes, de mammouths et d’espèces froides.

• L’industrie lithique

Les outils sont réalisés en silex et en roche siliceuse. Le débitage a pour but l’obtention de lames qui constituent le support d’un outillage diversifié. Ainsi, l’industrie lithique conserve des formes de racloirs et de denticulés de type Moustérien. On observe la multiplication des grattoirs, des burins et perçoirs, utilisés pour le travail des peaux, des os.

Une des formes caractéristiques est la “pointe de Chatelperron”, à dos courbe abattu par retouches abruptes, qui est souvent considérée comme un couteau emmanché.

• L’outillage autre que lithique

Les Castelperroniens pratiquaient le découpage de baguettes osseuses par rainurage horizontal, ainsi que le sciage transversal d’os d’oiseaux. Ils ont ainsi produit des poinçons, des sagaies, des pioches à base de côtes de mammouths (ou de grands herbivores), utilisées pour l’implantation de huttes à carcasses.

• L’art rupestre

L’Homme de Néanderthal n’a laissé aucune grotte ornée connue.

• L’art mobilier

Les fouilles ont permis de mettre en évidence l’emploi de l’ocre, trouvé dans différents états de coloration (et donc d’oxydation).

Les Castelperroniens pratiquaient également la gravure par incisions parallèles sur des plaquettes ou des fragments de pierre.

Cependant, l’Art ne connaîtra un réel développement qu’à partir de l’Aurignacien.

• La parure

Elle se compose essentiellement de bijoux élémentaires constitués par perforation ou rainurage (dents animales suspendues, fossiles…) et de pendeloques rondes en os (constituées de découpages d’anneaux dans des os plats).


 

 

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