Page 1 - 2
Un mot à la mode
Le terme GIS apparaît de plus en plus souvent dans la presse ; c’est un sigle, issu d’une expression anglaise : Geographic Information System. Nous l’utiliserons dans la suite sous sa version française SIG (système d’information géographique).

Un SIG est nécessaire pour gérer les informations à composantes géographiques : c’est un outil puissant pour visualiser, interroger, analyser, gérer et mettre à jour toutes les données géographiques.
Ci-dessus : cartographie cadastrale d'une ville sous SIG (Logiciel Geoconcept 4.2). Sur cette couche, on voit le positionnement référencé des bâtiments.
Les données géographiques et topographiques
Dans presque chaque donnée archéologique se trouve une composante géographique qui peut être associée à un lieu précis : un relevé topographique, le lieu de découverte d’un objet, un point kilométrique le long d’une route, un nom de ville ou de commune... L’analyse géographique permet à l’utilisateur de voir, d’explorer, d’analyser ces données en prenant en compte leur localisation dans l’espace, révélant ainsi des corrélations, des modes de répartition dans l’espace, des tendances, invisibles dans un tableur ou par une simple analyse statistique. Le SIG est la technologie qui synthétise tous ces éléments.
Une base de données spécifiques
Les SIG offrent toutes les possibilités des bases de données (telles que requêtes et analyses statistiques) au travers des outils d'analyse géographique propres aux cartes. Ces capacités spécifiques font du SIG un outil spécifique, accessible à un public très large et s'adressant à une très grande variété d'applications. Parmi une des applications potentielles en archéologie, signalons la réalisation de cartes thématiques ou d'aide à la recherche statistique pour l'élaboration de modèles (Voir >Traitement des Données).
Deux types de modèles de données de base
Les Systèmes d'Information Géographique exploitent deux différents types de modèles géographiques :  le plus simple est matriciel, c’est le système RASTER (une image classique) ;  il comprend une grille dans laquelle chaque cellule reçoit des données.  La taille de cette matrice et le nombre de cellules peuvent varier (résolution). Ce type s'adapte parfaitement à la représentation de données variables continues telles que la nature d'un sol…

Le second type est appelé VECTORIEL parce qu’il utilise des formules mathématiques pour décrire les objets. A la différence du type précédent, il ne contient pas un ensemble de coordonnées mais une série de vecteurs, chacun d’eux représentant la forme géométrique des données. Dans ce modèle, les informations sont regroupées sous la forme de coordonnées x, y. Les objets de type ponctuel sont dans ce cas représentés par un simple point. Les objets linéaires (routes, fleuves…) sont eux représentés par une succession de coordonnées x, y. Les objets polygonaux (territoire géographique, parcelle…) sont, quant à eux, représentés par une succession de coordonnées délimitant une surface fermée. Le modèle vectoriel est particulièrement utilisé pour représenter des données discrètes.
 
Le système VECTORIEL est clairement plus puissant que le système RASTER. Ce dernier, à ce jour, ne sert plus que de fond et d’habillage des données VECTEUR.

Un SIG moderne se doit d'exploiter simultanément ces deux types de représentation.
La gestion par couches
Une des caractéristiques des SIG est la superposition d’information. Sur une carte traditionnelle toutes les données sont situées dans un même plan superposé, sur la feuille unique destinée à devenir une carte. Les différents types d’information se distinguent par le recours à des couleurs différentes et à des symboles spécifiques.  Dans un SIG l’information n’est pas limitée à une seule feuille : l’ordinateur peut gérer plusieurs couches superposées, chacune d’entre-elles comportant une information spécifique ou thématique, mais toutes étant inscrites dans un même système de coordonnées.

Chaque couche est un fichier de coordonnées et d’attributs constituants l’information associée à chaque point. L’utilisateur du système peut utiliser, manipuler, visualiser, éliminer à son gré les différents niveaux de l’information.
La quantité d’information dont on peut disposer de cette façon est énorme. Chaque couche devra être considérée comme une carte en deux (ou trois) dimensions, de sorte que chaque point, ligne ou surface qu’elle comporte soit traité par l’ordinateur comme un  (modèle numérique de terrain, c’est à dire les côtes en z du terrain) ; celui-ci témoignant d’une réalité propre, il devra porter un élément d’identification - une étiquette.

Tout SIG est ainsi composé d’un fond MNT, d’une image RASTER (photo aérienne par exemple) et d’une superposition de couches thématiques comme l’hydrographie, les bâtiments, les courbes de niveau, les voies de communication ou toutes autres informations utiles.