Le découpage administratif : les provinces
Conséquence de la Guerre des Gaules et de la politique césarienne, la Gaule fait l'objet de modifications profondes. Dans un premier temps, César accorde la citoyenneté romaine à toute la Gaule cisalpine, créant le territoire de l'Italie moderne, des Alpes jusqu'au détroit de Messine. L'ancienne province de Transalpine, avec la Provincia a été conquise vers 124-123 av. J.-C., devient la Narbonnaise. Après avoir constitué une province unique, l'ancienne Gallia comata (la Gaule chevelue) est divisée en trois provinces de tailles à peu près équivalentes par Auguste, en 27 av. J.-C.

L'Aquitaine s’étend de la Loire aux Pyrénées, la Belgique englobe les peuples de la Manche et la mer du Nord, la Lyonnaise concerne les peuples qui s'étendent depuis le milieu des plaines jusqu'au cours de la Loire (au sud) puis le cours supérieur du Rhône.

Lyon est fondée en 43 av. J.-C. et assume rapidement un rôle essentiel : plaque tournante du réseau routier, capitale de la Lyonnaise, siège d'un atelier monétaire, et proche du sanctuaire confédéral des Trois Gaules.

La cité
Chacune des quatre provinces gauloises voit sa population et son territoire divisés en civitates qui, dans l'ensemble, reprennent la répartition des principaux peuples de la Gaule indépendante. La capitale de ces civitates est dotée d'institutions municipales, à charge pour elle d'administrer l'ensemble du territoire, sous contrôle romain.

Les subdivisions territoriales et juridiques apparaissent : pagus, vicus, et castellum.  

Le Pagus
Le pagus est une circonscription territoriale et juridique interne à la pertica (territoire rural de la Cité), sensiblement l’équivalent d’un canton. Il regroupe aussi bien des habitations isolées (fermes) que groupées (hameaux, villages, bourgs). Le pagus peut aussi désigner l’agglomération secondaire du territoire de la Cité qui est aussi le chef-lieu administratif du pagus territorial, c'est-à-dire  que le pagus  désigne aussi bien la subdivision territoriale que le chef-lieu de cette subdivision : par analogie, on pourrait dire que cela désigne le canton, et le chef lieu du canton.

Le Vicus
Le premier sens de vicus est celui de « quartier », au sens de quartier d’une ville. Mais le sens qui nous intéresse ici est celui d’une forme réduite d’urbanisation dans le territoire rural de la Cité : c’est une agglomération secondaire (par exemple un hameaux, un village, un bourg…). De même que pour le pagus, le vicus peut aussi désigner le chef-lieu de ce petit territoire. Remarquons que le chef-lieu du pagus  peut aussi être qualifié de vicus, et même le chef-lieu de la Cité peut également en être qualifié...

Le Castellum
Le castellum est une variante du vicus. Son sens ne nous est pas encore totalement clair. Il semblerait qu’il s’agisse d’un habitat groupé, fortifié, et selon certains historiens, perché.

Certains vici ou pagi ont fini par devenir des villes, comme c’est le cas d’Eburomagus, en Gaule, qui avait son propre théâtre, ou encore Toulon, qui était situé à l’origine sur le territoire d’Arles. Le cas le plus exceptionnel est sans doute celui d’Argentomagus, devenu Argenton, dont le statut était inconnu (vicus  ou pagus ?) : il s’agissait d’une simple agglomération de la Cité des Bituriges (Bourges), de 70 hectares environ, et comptant une population de 4 à 5000 habitants, avec un théâtre construit dès le milieu du I° siècle, un amphithéâtre, deux espaces cultuels, dont un en plein centre de l’agglomération, et qui comptait trois temples (deux de types fanum (temples indigènes), et un de type romain), deux bâtiments thermaux, un vaste nymphée (fontaine monumentalisée), ainsi qu’un pont d’une centaine de mètres pour traverser la Creuse. Certains vici important ont pu obtenir de l’Empereur le statut de Cité indépendante. Lambèse, en Numidie, est ainsi devenue municipe latin, et Mayence est devenue municipe romain au III° siècle.
Le problème du Vicus
Le probème du vicus est multiforme. D’une part, son identification et l’interprétation de la structure en elle-même restent assez floues. Ces lacunes proviennent certainement du peu d’intérêt accordé à l’étude des structures rurales jusqu’à assez récemment (qui ont engendré un manque évident de données), mais aussi à la complexité de la notion en elle-même.
L’habitat en lui-même caractérise difficilement un vicus. Le critère épigraphique doit donc venir à son secours, en permettant d’associer un statut juridique à l’habitat qui lui peut avoir valeur de vicus.
Le mot vicus revient dans l’Afrique romaine, la région danubienne , la Gaule, la Belgique : il désigne donc bien un type d’entité, à l’image de la municipium par exemple.
Le vicus pourrait, d’après les textes, désigner “toute communauté destinée à regrouper administrativement les populations rurales ; le vicus apparaît ainsi comme complément du pagus” écrit M. Le Roux (nous verrons par la suite l’indépendance administrative potentielle de ces deux entités). 
Le vicus serait une entité dépendante (au moins de cité), et l’aspect, la structure même de l’habitat n’aurait donc peut être aucune forme d’importance. Une autre des questions encore non résolues serait par exemple de savoir si  le vicus est contemporain, antérieur ou prédécesseur de la romanisation. Mais le sujet reste encore ouvert, incomplet et complexe...

Définition du vicus
Le terme de vicus semble avoir désigné une notion collective pour tous les types d'implantation qui n'avaient pas le statut de ville (municipium, colonia) ou de domaine rural (villa rustica). Ainsi, le terme de vicus aurait désigné pour les Romains tant un “quartier urbain” et une “rangée de maisons” qu'une implantation plus importante que ses fonctions nous feraient qualifier aujourd'hui de “petite ville de province”. Dans la littérature, vicus est utilisé pour désigner ce qu’en France on a appelé “agglomération secondaire”, soit un “groupement intermédiaire” entre les “villes”, siège de l’autorité publique et les  “villae” (Mangin et Petit 1994, 10).

La plupart des vici  de la Gaule se trouvaient à des intersections de routes ou à proximité de grandes voies de communication (à l'origine, certaines de ces routes avaient généralement une fonction militaire et stratégique, le long desquelles on rencontrait à, des distances régulières des entrepôts, des relais routiers et des camps). Une catégorie de vici semble d’ailleurs décrire des villages routiers,  concentrant des artisans et des marchands qui proposent leurs produits sur des marchés ou des champs de foire dans la région proche.
On trouve également des vici en campagne, regroupant, près d'un domaine (villa) important les habitations des fermiers qui en louent et exploitent les terres. Une catégorie serait formée de chefs-lieux de pagi, et qui dans certains cas sont devenus des cités indépendantes (cas de Virodunum par exemple, au IVe siècle). Rappelons enfin que le vicus peut être associé à de grands sanctuaires mais toujours dans la logique de la proximité d’un réseau routier.

Les ressources de l’étude des vici
Les ressources connues sont les textes de César, Sidoine Apollinaire, Grégoire de Tours...

Ethymologie et Toponymie

Les noms propres des vici peuvent provenir :
- d’un grand personnage, notable romain ou propriétaire foncier ;
- un nom divin ;
- un nom géographique ;
- un épithète descriptif (longus...).