Scénographie & Expositions

Nicolas Prudhomme 9 septembre 2017 Commentaires fermés sur Scénographie & Expositions
Scénographie & Expositions
CONTENU

Projet d’exposition : modélisation 3D

 

 

Projet d’exposition : modélisation 3D (2)

 

Projet d’exposition : modélisation 3D (3)

 

 

 

 

Projet d’affiche pour une exposition sur la Vie en Flandres

 

Projet de carton d’invitation

 

Conception de la maquette de l’exposition

 

Conception de la maquette (2)

 

 

La maquette de l’exposition

 

 

La maquette de l’exposition (2)

 

 

La maquette de l’exposition (3)

 

La maquette de l’exposition (4)

 

 

 

Les expositions muséographiques constituent un vecteur  efficace de partage de savoirs et de connaissances. L’élaboration d’un projet d’exposition se conforme à une programmation, construite à partir d’un projet culturel global bien défini, véritable cahier des charges scientifique et culturel.

Une exposition est toujours l’expression de la volonté de montrer ou d’expliquer au public un ensemble d’œuvres ou un état de la connaissance. Charte des scénographes


Les formes d’exposition

Dans la forme, deux démarches co-existent :

– la démarche muséographique, qui part d’une collection, complétée ou non par des savoirs thématiques.

– la démarche des centres d’interprétation, qui part d’une idée ou de savoirs thématiques, complétés ou non par des objets de collection.

Ces deux formes se retrouvent souvent mêlées, notamment dans les musées d’histoire, d’archéologie ou d’ethnologie.


La durée de l’exposition

Une exposition peut être permanente, lorsque  la durée de présentation n’est pas limitée, son temps de présentation étant alors associé au vieillissement de ses dispositifs et de son style, à la cohérence des collections, et à l’évolution des connaissances et du discours.  Elle peut également être temporaire, lorsque la durée de présentation est limitée, entre 3 et 9 mois généralement, en raison notamment de la durée finie des prêts des objets ou des collections, ou en raison d’un risque d’obsolescence des éléments présentés. Lorsqu’elle ne dure que quelques jours, une exposition temporaire est par ailleurs plutôt qualifiée d’éphémère.

L’exposition peut également avoir une dimension spatio-temporelle, en étant itinérante, issue par exemple d’une coproduction entre différentes institutions, de la volonté d’une institution de démultiplier une action de sensibilisation, ou d’une décision de commercialisation.


La conception du projet

Avant tout lancement opérationnel, le projet doit être parfaitement bien défini, tant en terme administratif, artistique, que de nature (exposition thématique, collective, ou monographique), et que d’objectifs poursuivis. Ce dossier sera d’ailleurs indispensable pour appuyer la sollicitation  d’aides financières subventions, partenariats ou collaborations.

La conception de ce dossier peut s’avérer relativement longue, de plusieurs mois à plus d’un an en fonction de l’ampleur du projet. Il est pertinent de mettre à profit ce délai pour mener à bien quelques tâches de longue haleine : construire un budget prévisionnel, recruter un commissaire d’exposition, identifier un lieu d’exposition et les conditions d’exploitation (location, billetterie, travaux, manutention…) instruire des demandes de prêt d’œuvres auprès d’institutions, s’assurer de la disponibilité d’un artiste ou d’un intervenant, déposer des dossiers de demandes d’aides et de subventions.

La programmation artistique

Le programmation artistique est une présentation détaillée du projet, qui comprend le thème et le propos de l’exposition (avec, si besoin, une biographie du ou des artistes choisis, une liste d’œuvres pressenties,  des documents photographiques et catalogues), la présentation du site d’accueil, de l’organisateur, les dates envisagées, la liste des différents intervenants (commissaire de l’exposition, invités, experts auteurs du catalogue) et des événements constitutifs de l’exposition (visites privées, vernissage, ateliers, conférences).

Le cahier des charges opérationnel

Ce document, référence de l’organisation de l‘exposition et outil d’échange avec les partenaires, comprend la liste des points techniques et administratifs à traiter (budget, procédures de prêts, transports/stockage, accrochage, matériels et équipements spécifiques, vernissage, communication, maintenance…), un planning détaillé de type Gant des opérations à réaliser, et un planning de charge de personnels.

Le dossier administratif et financier

Ce dossier rassemble les éléments et documents officiels relatifs à l’organisateur et à la structure porteuse. Il est notamment nécessaire pour accompagner demandes de subventions et les éventuels partenariats ou collaborations.


Le prêt des œuvres

Le prêt des œuvres est une des étapes déterminantes d’une exposition, notamment par les délais que sa mise en oeuvre implique. La sélection des œuvres devra donc être entreprise très en amont, et s’accompagner du choix des propriétaires ou prêteurs des œuvres (l’artiste éventuellement si l’exposition se fait de son vivant, d’autres galeries, des collections privées, des particuliers, des collections publiques ou des musées).

L’assurance des œuvres

Durant toute la durée de l’emprunt, notamment pendant le transport et pendant son accrochage, une oeuvre doit être assurée à la valeur indiquée par le prêteur, mentionnée dans un formulaire de prêt. Il est d’usage que ce soit l’emprunteur qui fasse assurer l’œuvre, mais il peut arriver que le prêteur souhaite le faire auprès de son propre assureur. La meilleure protection consiste en une assurance tous risques, « clou à clou ». Les prêteurs comme les musées, établissent généralement un constat d’état de l’œuvre au départ de son lieu d’origine, et une contre-expertise à son retour, de manière contradictoire.

Le site d’exposition

Le choix du site, écrin de l’exposition, est primordial. Pour apporter plus de pertinence, il peut être en cohérence avec la thématique de l’exposition, comme un atelier, un château, un musée. Dans quelques cas, le lieu peut être construit spécifiquement pour l’exposition. Dans tous les cas, les caractéristiques architecturales du bâtiment doivent répondre à certaines contraintes, notamment celles relatives à l’accueil et à la sécurité des visiteurs, et à la présentation et à la sauvegarde des œuvres.

L’accueil du public

Un lieu d’exposition doit permettre d’organiser et contrôler l’accueil du public. Par un jeu de transparence, il est souvent possible de laisser apercevoir l’exposition dès l’entrée, jouant un rôle d’appel. Un espace de transition, tempérant l’hygrométrie et les variations climatiques, permettra généralement d’accueillir le vestiaire et le plan du site.

Les salles d’exposition

L’aménagement des salles nécessite des compétences de space planner, afin d’exploiter au mieux les potentialités du lieu. Ce travail permet d’articuler des parcours de visite différents, d’accueillir des œuvres de nature et de format divers. Il est important d’exploiter au mieux les volumes, en utilisant des cloisons, et de s’assurer de disposer du recul nécessaire pour pouvoir présenter confortablement des œuvres de grand format. La distribution générale des salles doit également éviter au visiteur de revenir sur ses pas, ce qui donne un sentiment de désorganisation. ; par ailleurs, une distribution en boucle permet souvent une plus grande souplesse dans le choix des parcours de visite.

Dans le parcours, il est nécessaire de réserver des espaces de repos, comme des sièges, pour permettre aux visiteurs une pause, en fonction des capacités et envie de chacun.

Les locaux de réserves

Les lieux d’exposition de qualité à privilégier doivent obligatoirement être dotés de réserves, distinctes de tout dépôt, remise ou atelier. Ces réserves permettront notamment de mettre à l’abri les oeuvres pour un court délai, dans l’attente de leur restitution leurs prêteurs.

Les matériaux de revêtements des salles

Les revêtements d’aspect neutre (plafonds blancs pour la diffusion de la lumière et gris clair sur les murs), d’entretien facile, et phoniquement absorbants (parquet flottant au sol, la peinture blanche au moins aux plafonds, les cimaises en plaques de gypse renforcées par fibre de cellulose, permettent d’accrocher jusqu’à 50kg par vis avec cheville à expansion) sont à privilégier.


La scénographie

La scénographie tire ses origines de la mise en espace et en décors des scènes de théâtre. Elle consiste – à partir de dessins, plans, coupes, élévations, maquettes planes ou volumétriques, et d’échantillons – à concevoir les espaces, à créer les parcours, à disposer le mobilier et les dispositifs de présentation et d’accrochage, et à monter les ambiances sonores, visuelles et sensorielles qui accompagnent le visiteur dans son immersion. 

Quelques bonnes pratiques

1- Débuter l’exposition par une œuvre d’accroche, qui fixe le propos, visible depuis l’entrée directement ou par un système de cadre ou d’ouverture dans une cimaise.

2- Les cartels de présentation doivent être placés de façon à éviter un effet d’attroupement à l’entrée de la salle. L’espace de lecture doit donc être placé dans un « espace mort ».  La présentation doit présenter le contexte, s’accompagner d’une chronologie, préciser les étapes de l’exposition comme le sommaire d’un livre et s’accompagner d’un plan général, avec le plan de circulation. Le lecteur doit comprendre si la présentation est géographique, chronologique ou thématique.

3- La scénographie doit permettre de donner un rythme crescendo, qui doit maintenir la sensation d’émerveillement et éviter la lassitude. A chaque salle doit être attribué un titre explicite, qui permet de placer le propos, et un chef-d’œuvre vedette dans chaque séquence, présenté de façon spectaculaire comme point fort.

4- Une œuvre charnière doit permettre de passer d’une thématique à une autre. Un espace de respiration doit être prévu à mi-parcours, comme par exemple une salle audio-visuelle. Le chef d’œuvre emblématique, qui est généralement repris sur les affiches et cartons, doit se trouver environ au deux tiers du parcours. Peu à peu, enfin, le contenu doit s’épurer, pour accompagner la saturation de la mémoire du visiteur.

5- Comme point final, une œuvre significative doit permettre d’ouvrir de nouvelles perspectives ou créer une interrogation.

6- L’accrochage se fait majoritairement sur une ligne unique, par opposition à l’accrochage multitone, qui crée un sentiment d’entassement.

7- Les œuvres doivent être accrochées à 1,5 mètres du sol ; le recul nécessaire pour observer une œuvre doit être au minimum d’une distance égale à un demi-périmètre du cadre de l’œuvre exposée.

8- Les cimaises doivent avoir une longueur égale à 1,5 fois à 2 fois la longueur des bases des tableaux qui y sont accrochés.

9- Dans tous les cas, les règles de proportionnalité des 4/3 et 16/9 s’appliquent ; en cas de doute, il est nécessaire de revenir aux nombres d’or de l’architecture grecque.

10- Le système d’éclairage doit être implanté parallèlement aux plans d’exposition, en observant une distance suffisante pour diminuer les reflets, en évitant d’augmenter l’ombre portée des cadres et des visiteurs, et en évitant l’éblouissement de ces derniers.

11- La diversité des publics doit être prise en compte dans la réalisation et la rédaction des cartels : enfants, étrangers, malvoyants doivent pouvoir bénéficier d’une information complète. Le texte peut se limiter à la simple identification de l’objet exposé (indication du titre de l’œuvre, nom de l’artiste, date de réalisation, nom du propriétaire prêteur) ou être plus complet sous forme de notice, voire décrire plusieurs objets, avec un plan d’identification. Plus que le graphisme, c’est la lisibilité des textes qui doit être privilégiée.

12- L’emplacement des cartels doit répondre, avant tout, à des exigences fonctionnelles : l’étiquette doit être associée à l’objet exposé, et ne doit pas en gêner la perception ; toujours placée au même endroit, elle sera plus facilement repérée, par exemple toujours à droite de l’oeuvre, distante d’un mètre environ et à 1,30 mètres du sol.


Se former

Vous pouvez vous former notamment lors d’ateliers au Louvre :

– Scénographie

– Monter une exposition

 

 


Archeologie, Patrimoine, Culture et Civilisation, Médiation et Valorisation du Patrimoine, Techniques de l Archeologie en Europe