Gaule Romaine : Habitats

Nicolas Prudhomme 13 février 2017 Commentaires fermés sur Gaule Romaine : Habitats
Gaule Romaine : Habitats

L’Epoque Gallo-Romaine – 125 avant J.C. au Ve siècle après J.C

Les valeurs de l’urbanisation


Si la Guerre des Gaules a été difficile et meurtrière, l’occupation romaine est plutôt pacifique. La Gaule est romanisée en quelques décennies après la chute d’Alésia. Sous l’influence de la pax romana, les gaulois s’intègrent et profitent rapidement des avantages du modèle romain. Par l’urbanisme, les populations accèdent à un nouvel art de vivre. La Gaule prospère et devient une des plus belles provinces de l’Empire romain.

CONTENU

La chaussée gallo-romaine empierrée de Malain, Bourgogne.

Plans caractéristiques de villes gallo-romaines

La rue gallo-romaine de Malain, Bourgogne.

Aménagements gallo-romains pour l’écoulement des eaux de pluie.

Plan d’une grosse maison bourgeoise gallo-romaine

Un îlot contenant plusieurs maisons à Alésia.

Plan d’une domus gallo-romaine de patricien

Photo aérienne des bâtiments d’habitation d’une villa gallo-romaine On reconnaît son plan géométrique caractéristique.

Borne milliaire

Le pont Julien sur la Via Julia. Vaucluse.

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L’organisation de la ville


La ville est construite ex nihilo ou depuis une structure préexistante comme un oppidum.

Le plan géométrique domine dans les villes : les rues et les quartiers sont organisées autour de deux axes principaux, le cardo maximus (axe nord-sud) et le decumanus maximus (axe est-ouest), sous réserve que le relief topographique le permette. Les voies secondaires, perpendiculaires aux précédentes, définissent les îlots d’habitation (insulae). Le plan général est donc “en damier”, et les cases ont des formes rectangulaires, parfois triangulaires ou trapézoïdales.

• Les rues

La majorité des rues sont pavées. Le decumanus et le cardo peuvent atteindre 12m de large alors que les artères secondaires n’en ont en général que 4m. Elles sont aménagées par des trottoirs surélevés, des caniveaux à ciel ouvert qui dirigent les eaux de pluie vers les égouts souterrains. Des passages constitués de plots à hauteur des trottoirs permettent aux piétons de traverser de plein pied. Certaines rues sont réservées aux piétons. Notons que dans certains cas, il existe un éclairage public.

• Les îlots

Les îlots sont parfois structurés par des portiques et des boutiques, groupées par corporations et métiers. Les commerçants y tiennent en général des échoppes.

Le centre de la ville est plutôt réservé aux riches ; il accueille les grands bâtiments publics, qui sont groupés autour de la place principale, le forum. La ville est équipée en général de thermes, d’un amphithéâtre, éventuellement d’un cirque ou d’un théâtre. En périphérie, on retrouve plutôt les quartiers populaires, habités par les commerçants, les marchands et les artisans. Cependant il y existe aussi de riches maisons patriciennes associées à leurs jardins.

• Les immeubles de rapport

Les gens de condition modeste habitent des immeubles de rapport.

• Les maisons individuelles (domus)

Les populations aisées habitent en général des maisons individuelles, la domus. Certaines sont absolument somptueuses. Sur les côtés extérieurs, elles comprennent en général des boutiques donnant sur la rue, qui sont louées ou qui sont gérées par le propriétaire.

Les villae possèdent parfois deux étages, des jardins et des cours intérieures. Un potager est en général rattaché à la maison. L’entrée se fait par l’ostium (vestibule), qui conduit à l’atrium (grande salle carré ouverte au toit par le compluvium, qui recueille les eaux de pluie qui remplisse l’impluvium, un bassin). La cenaculum (la salle à manger), la cubiculum (la chambre), la bibliotheca (bibliothèque), l’exedra (petite salle de réunion), le tablium (cabinet du maître de maison), les cellae (chambres diverses), le laraire (autel du culte des ancêtres) s’articulent tout autour. Il existe également d’autres éléments, comme les écuries, les greniers, les latrines, les logements d’esclaves, les caves, le cellier, la cuisine, les bains privés… Plus tard, dans les maisons les plus riches, les pièces privées ou familiales seront placées autour d’une autre cour en arrière de l’atrium, autour d’un jardin d’agrément desservie par un péristyle (peristilium) à l’image des demeures grecques.

 

Le domaine foncier dans l’espace rural : la villa


Le domaine foncier privé agricole est appelé fundus. Il comprend en théorie toutes les terres qui permettent à la villa située au milieu de ce dernier de vivre en autarcie.
Il semble se substituer aux riches fermes indigènes gauloises (aedificia) qui ont fait la richesse de l’aristocratie gauloise. Il comprend des terres, une ferme et la villa du dominus, autour de laquelle se trouvent les bâtiments utilitaires (granges, étables, greniers, celliers, silos…).

La villa gallo-romaine est caractéristique par sa forme géométrique qui est plus ou moins standardisée. On y trouve l’habitation du dominus (pars urbana), les bâtiments utilitaires (pars rustica), associés au logement des esclaves et des métayers à qui est louée la terre. Ces bâtiments sont complétés par divers éléments comme les greniers, les celliers, les caves, les écuries, les étables, les silos, les entrepôts, les ateliers…

Notons que la villa est une construction pérenne, en maçonnerie, briques et pierre. Certaines villae sont comparables à de véritables palais et possèdent même des thermes, des fontaines monumentales, des portiques et sont reliées à des aqueducs… Ces villae, souvent saccagées par les invasions du Bas Empire, ont parfois été transformées en domaine mérovingien et carolingien au Haut Moyen-Âge (villa et curtis).

 

L’habitat rural modeste


Il existe à côté un habitat rural plus modeste ; construit en pisé, il n’a laissé en général que peu de traces.

 

Le réseau viaire dans l’espace rural


Il existe en Gaule près de 10 000km de voies romaines, qui permettent les échanges de marchandises dans tous l’Empire mais aussi des déplacements rapides de troupes.

On peut discerner plusieurs catégories de routes : les routes impériales, les routes militaires et publiques (viae publicae), les routes “régionales” (viae vicinales) et les voies privées.

  • Description technique des voies

Les routes sont larges d’environ quatre mètres en moyenne. Elles sont construites sur trois couches de fondations. Toutes les voies ne sont pas pavées, notamment dans les campagnes. Mais en général, elles sont drainées, empierrées à niveau, parfois gravillonnées, rectilignes et bombées pour permettre l’écoulement des eaux.

Elles franchissent les obstacles naturels par des ponts en bois ou en pierre à arche plein cintre. De nombreux aménagements ont été constatés comme le creusement de tranchées à flanc de montagne dans les défilés. Les voies sont marquées par des bornes milliaires, colonnes en calcaire ou en marbre, tous les 1 481 mètres (1 mille). Le long de la voie, on trouvait des relais (mutatio) et des gites d’étapes (mansio).

 

 

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