Gaule Romaine : Monuments

Nicolas Prudhomme 11 mai 2017 Commentaires fermés sur Gaule Romaine : Monuments
Gaule Romaine : Monuments

L’Epoque Gallo-Romaine – 125 avant J.C. au Ve siècle après J.C

Les thermes


Les thermes sont des établissements publics qui sont des lieux d’hygiène mais aussi de détente et de loisirs (sport dans les palestres).

Les bâtiments sont en général richement travaillés, plaqués de marbres et décorés par des peintures.

Le chauffage se fait par des hypocaustes, chauffage par le sol assuré par un foyer qui brasse l’air contenu sous le pavage du sol. La fumée est évacuée par des tuyaux contenus dans les murs. Le sol (suspensura) est appuyé sur des piles de briques. Ce type de chauffage existe également dans les riches demeures.

L’usage des thermes se fait dans un ordre soigneusement décrit : vestiaire (apoditerium), bain tiède (tepidarium), étuve ou sauna (laconicum), bain chaud (caldarium) et enfin piscine froide (frigidarium).

CONTENU

Plan de Forum

Frigidarium des thermes des Fontaines Salées

Salle des bains tièdes (tepidarium) des thermes.

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L’aqueduc


Un aqueduc est un ensemble de canalisation amenant l’eau de la source aux fontaines publiques. L’ouvrage parfois enterré, creusé dans la roche ou suspendu sur des arches peut faire plusieurs dizaines de kilomètres de long.
Les aqueducs approvisionnent les cités mais aussi les agglomérations secondaires (vicus) en eau potable. Ils atteignent leur âge d’or à l’époque flavienne. Les aqueducs entraînent aussi bien pour leur construction que pour leur entretien des sommes considérables; l’étude de l’épigraphie et des sources écrites antiques apportent en général beaucoup d’informations sur le fonctionnement de l’aqueduc. Si la majorité des aqueducs sont détruits à partir du Bas-Empire (intégration dans les remparts en réemploi, écroulement, manque d’entretien conduisant à la réduction forte du débit par les concretions, utilisation comme carrière…) certains seront exploités jusqu’au XIXe siècle !

  • Aspects techniques

Les aqueducs sont avant tout une oeuvre attribuable aux Romains. Les connaissances générales, les pratiques, les règles de l’Art ont été regroupées dans le Traité de Frontin « Sur les aqueducs de la ville de Rome ». Cependant la régionalisation est forte en terme de conception.

Les sources recherchées sont sélectionnées pour permettre de maintenir une pente suffisante entre le captage et le point d’arrivée en ville. La canalisation suit en général les courbes de niveau, ce qui lui donne un tracé plutôt sinueux. Lorsque cela est inévitable, la canalisation s’appuie sur des ouvrages coûteux, ponts, arches et arcades et souterrains qui franchissent les obstacles naturels.

La pente minimale maintenue devait l’être de la façon la plus constante possible. Elle est estimée par Pline à 1% pour obtenir l’écoulement convenable d’un mètre cube par seconde. La longueur de l’aqueduc (qui s’étende d’environ quelques kilomètres à plus de cinquante dans certains cas) permet notamment de réguler la vitesse de l’écoulement.

Pour freiner la vitesse d’écoulement des eaux, il existait divers moyens architecturaux comme les puits de chute ou escaliers hydrauliques.

Nombre de villes possèdent plusieurs aqueducs. Ce sont plusieurs milliers de mètres cubes qui étaient transportés par jours.

Le captage. Les eaux recherchées devaient être propres, abondantes, jaillissant avec un débit constant. Les techniques de récupération étaient soient le captage direct d’une ou plusieurs sources, ou le rassemblement d’eau de rivière par des drains ou un barrage. Le barrage devait alimenter un bassin qui lui-même était relié à l’aqueduc. Il était courant de rattacher des captages à l’aqueduc en cours de route, notamment dans les régions sèches.

Le canal. Le canal (specus) est en général maçonné, de forme rectangulaire, parfois voûté, et fermée par des dalles. Il est creusé dans une tranchée remblayée, le situant à environ un mètre sous la surface. Le canal est construit en moellons à chaux grasse et l’intérieur est enduit par du mortier de tuileaux avec les pouzzolanes (enduit hydraulique de couleur rosé). Dans le cas des aqueducs ruraux, le canal peut être en plomb, en bois ou en céramique, noyé dans le mortier.

Les tunnels. Ils permettent de franchir certains obstacles et peuvent atteindre de belles profondeurs. Ils sont creusés à même le roc, et le canal est en général maçonné. Les puits de creusement servent a posteriori de regards pour la surveillance de l’écoulement des eaux.

Les soutènements, arches et ponts. Ils permettent de soutenir le canal lorsque le dénivelé est brutal mais n’excède pas quelques mètres. Ils sont réalisés en moellons et en mortier. Au-delà de deux mètres environ l’arche est utilisée (parfois pleine). Des files d’arches sont utilisées dans les autres cas ; elles s’appuient sur des piles et sont construites par appui sur des cintres en bois. La maçonnerie de l’arche est alors coulée par niveaux horizontaux. On préfère en général multiplier les arches sur plusieurs niveaux afin d’éviter de trop grandes hauteurs de piles qui pourraient flamber sous leur propre poids. Lorsque l’obstacle à franchir est un cours d’eau, la structure construite est un pont. Les distances entre les arches peuvent alors varier en fonction de la morphologie du cours d’eau sous-jacent.

Les siphons. Il s’agit d’exploiter le principe des vases communicants pour franchir des vallées. La pression permet à l’eau de remonter la pente, sous réserve que le point d’arrivée soit plus bas que le point de départ…

Les trappes de visites. Elles existent tout au long du parcours. Elles permettent d’accéder au canal afin de l’entretenir et de le surveiller. De formes carrées ou rectangulaires, elles sont situées tous les 72 mètres environ d’après Pline et Vitruve. Dans le cas des tunnels, les trappes ressemblent à des puits et peuvent atteindre 80 mètres !

• Le traitement de l’eau

L’aqueduc est jalonné le long de son parcours de constructions parfois monumentales (fontaines, châteaux d’eau, bassins…) destinés à capter, stocker, décanter et répartir les eaux aux points d’arrivées. Il existe ainsi des bifurcations, des canaux de dérivation et des bassins de décharges destinés à réguler le débit.

L’eau arrive en ville dans des citernes. Les édifices de répartition, les castella diuisoria, accueillaient des canalisations en bois, en poterie ou en plomb. D’après Frontin, les sorties desservent les habitations privées, les bassins publics (dont les termes) et les lavoirs.

 

Le forum


Il s’agit d’un lieu dallé, qui constitue la place principale de la cité. Les différents édifices publics et religieux (curie -siège de l’administration, la basilique – le tribunal, la basilique financière – bourse de commerce, les prisons, les greniers publics, les temples, les marchés) y sont groupés.

  • Les cryptoportiques

Les cryptoportiques sont des galeries voûtées aménagées qui ont pu servir d’entrepôts, de boutiques ou de lieu de promenade.

• La basilique

Annexe du forum, elle possède une vaste salle rectangulaire, entourée d’une colonnade sur un ou plusieurs niveaux, terminée par une abside semi-circulaire. Elle est le lieu où se déroulent les différents actes liés au pouvoir central, au commerce et à la justice.

Les premiers chrétiens (basiliques funéraires notamment) y voient un plan adéquat à la célébration de leu culte, et le conserveront par la suite.

 

L’arc de triomphe


Il s’agit d’un édifice somptuaire et commémoratif. Il est situé en avant des villes, hors des remparts. Certains arcs sont à trois baies (ceux qui sont ouverts dans les quatre directions sont dits “janus”). L’arc central plein cintre supporte l’attique, un étage massif sur lequel sont placés des statues de bronze doré représentant en général l’empereur sur son char de triomphe, devant les vaincus.

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