Mésolithique

Nicolas Prudhomme 6 juin 2017 Commentaires fermés sur Mésolithique
Mésolithique

Le Mésolithique – 9000 à 6000 avant J.C.

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Changement climatique à l’aube du Néolithique


L’époque comprise entre le Paléolithique et le Néolithique a été appelée Mésolithique (meso : “milieu”, lithos : “pierre”). Elle désigne la période des derniers chasseurs avant les phénomènes de sédentarisation néolithique. L’industrie lithique est composée notamment de « microlithes » fixées sur de longs manches à rainures, et fonctionnent comme des dents de scie assez adaptées à la chasse et à l’industrie.

CONTENU

Variation des niveaux de la mer et températures, depuis 18 000 ans

Pointes et lamelles aziliennes en silex.

Grattoirs mésolithiques en silex

Pointes et lamelles magdaléniennes.

Pointe de sagaie en os d’ours. Mésolithique.

Galets peints aziliens

Harpons, sagaie et pointes de flèches du Mésolithique

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A la fin de la glaciation du Würm (Würm IV – Tardiglaciaire, Voir >Geologie du Quaternaire), le lent réchauffement du climat (mais qui connaît des vagues de froid comme le Dryas récent) a bouleversé la faune, la flore et par conséquent l’économie. Les cerfs remplacent les rennes, qui remontent dans les régions nordiques vers un climat plus adapté à leur survie.

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L’Azilien (9 000 à 8 000 avant J.C.)


La première partie du Mésolithique s’appelle l’Epipaléolithique ou Azilien (mis en évidence en 1889 au Mas d’Azil, Ariège). Le climat connaît alors un retour de froid pendant l’Azilien appelé Dryas III. A cette époque, l’industrie lithique est en régression. Les principaux outils caractéristiques sont des grattoirs unguiformes, des grattoirs circulaires et des pointes “aziliennes” (à bord abattu en segment de cercle). A ceux-là viennent s’ajouter des harpons en bois de cerf, rainurés à leur base pour la fixation sur une hampe. Rappelons également que les Aziliens sont les inventeurs présumés de l’arc.

L’Art Azilien est souvent limité à des galets peints, parfois gravés. L’art azilien s’inscrit dans la continuité de l’art pariétal magdalénien. Remarquons que l’art azilien a une forte tendance à la régionalisation. Les thèmes peints sur les galets (réalisés à base d’ocres rouges ou noires) sont assez simples : bandes, points, pointillés parfois associés. Les motifs gravés sont souvent plus complexes. La standardisation de ces symboles laisse imaginer un usage cultuel.

 

Le Sauveterrien et le Tardenoisien (8 000 à 6 000 avant J.C.)


Le Mésolithique se poursuit par ses deux principales périodes : le Sauveterrien et le Tardenoisien (Sauveterre, Lot et Garonne et Tardenois, Aisne). En raison du climat assez clément (Pré-Boral, Boral), l’habitat est souvent en plein air, à proximité de points d’eau ; il persiste néanmoins aussi en abris-sous-roches et en grottes.

Les forêts se développent et couvrent le territoire. L’homme chasse le gibier forestier (sanglier, cerf, lièvre…), cueille et collecte des légumineuses pour compléter son alimentation. C’est également l’époque des “escargotières” qui constituent parfois des remplissages de l’ordre du mètre.

La taille des outils en silex est frappante et contraste avec les époques précédentes. On parle alors de microlithisme. Les principaux outils sont des lames à coches, des grattoirs sur éclat, des pointes de harpons et des pointes de flèches de formes géométriques triangulaires ou trapézoïdales.
L’art échappe aux préoccupations de l’Homme. Il existe encore de très rares exemples de tracés schématiques sur objet mobilier ou dans des abris-sous-roches (Bassin Parisien, Vosges…)

 

Le Montmorencien, faciès local macrolithique à l’époque microlithique


Citons le cas particulier du Montmorencien (forêt de Montmorency, Fontainebleau) qui est un faciès macrolithique qui se compose de gros outils en grès poli et lustré. Ce faciès ne se présente qu’à Fontainebleau, mêlé au Mésolithique et aux outils Sauveterrien-Tardenoisien ; il ne se mélange jamais à la céramique ou aux haches polies typiquement néolithiques.

 

Les rites funéraires au Mésolithique


Les rites funéraires sont connus par une trentaine de sites, d’intérêt variable. L’inhumation reste la règle générale (même si l’on connaît un cas d’incinération en Dordogne). Chaque sépulture ne compte qu’un unique corps, excepté dans le Morbihan où certaines sépultures comptent jusqu’à trois corps. Les cadavres sont en position foetale, déposés dans une fosse, une cuvette naturelle ou un caisson de pierre. Dans certains cas, des dépôts d’ocres y sont associés, ainsi que du mobilier funéraire (industrie lithique ou osseuse, offrandes alimentaires, parures). La tombe est ensuite recouverte d’un petit tumulus de pierres. On note dans certains cas l’existence d’un foyer rituel allumé sur le monument, destiné à la cuisson d’offrandes ou peut être au balisage.


 

 

 

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