Gaule Romaine : Nécropoles & Sépultures

Nicolas Prudhomme 28 janvier 2017 Commentaires fermés sur Gaule Romaine : Nécropoles & Sépultures
Gaule Romaine : Nécropoles & Sépultures

L’Epoque Gallo-Romaine – 125 avant J.C. au Ve siècle après J.C

Pratiques et cultes en Gaule


A l’image du monde-indo européen, la croyance générale s’appuie sur la survie de l’âme, la nécessité du rite funéraire qui assure repos aux morts et repentis aux vivants.

Ces rites s’articulent autour de deux pratiques : l’enterrement et le culte des morts. L’enterrement peut se faire par inhumation (rare au Ier siècle, elle devient quasi-systématique à partir du IIIe siècle) ou l’incinération (c’est la forme prédominante du Ier au IIIe siècle). L’incinération prend parfois des allures d’inhumations dans la mesure où l’urne est enterrée, accompagnée de mobilier funéraire…

CONTENU

Stèle d’une enfant de un an, dédicacée par son père

Un cimetière gallo-romain, avec ses stèles.

Stèle funéraire.

Sarcophage en plomb

Coffre en pierre destiné à accueillir une urne.

Urne et coffre en plomb

Urne funéraire en verre

L’incinération


L’incinération du corps du défunt et de ses affaires personnelles se fait par un bûcher placé dans une fosse (qui sera le lieu d’inhumation des cendres) ou sur une aire plate (ce qui nécessite alors le transport des restes du corps et du mobilier). Les restes calcinés sont ensuite réunis et placés dans une urne. Les urnes funéraires utilisées sont en tout matériau : céramique, verre, métal, pierre… L’urne est ensuite placée dans un coffre de pierre ou en plomb, accompagné de mobilier funéraire, puis ensevelie.

Dans de nombreux cas, un rite connu par les textes, l’os resectum, est pratiqué : il consiste à sectionner une partie du corps avant l’incinération et à l’enterrer.

La tradition veut également qu’aucun bébé ne soit incinéré avant la pousse des dents. Le cas échéant, les corps sont alors ensevelis dans des coffres, des amphores ou en pleine terre, souvent à l’intérieur des maisons ou dans la cour.

L’inhumation


Le corps est enterré directement dans une fosse ou placé dans un cercueil en bois, un sarcophage de pierre (notamment au Bas-Empire) ou dans un coffre en plomb. L’ensemble, accompagné d’un mobilier funéraire est placé sous un toit de tuile puis recouvert de terre.

 Notons que dans les grandes familles, l’inhumation est dominante. De même chez les parisii, l’incinération ne s’est jamais imposée. Il existe aussi des cas contraire, où en pleine mode de l’inhumation, la crémation est pratiquée de façon systématique.

La tombe


La tombe est matérialisée en surface par une structure monumentale. Cette dernière peut être une stèle-maison, d’un autel, d’un pyramidion, d’une plaque épigraphiée, d’un mausolée, d’une stèle édicule ou dans les cas les plus modestes, une simple pierre ou un pieu.

Le monument représente souvent le défunt avec sa compagne ou les outils caractérisant son activité professionnelle. Il peut être accompagné de divinités, qui le protègent. Les inscriptions associées en dédicace peuvent révéler beaucoup d’informations sur le défunt (âge, profession, nom, rôle…), ainsi que le nom des dieux protecteurs.  Les principaux symboles représentés sont des herminettes, des haches (asciae), des rouelles ou des éléments cosmiques comme des croissants de lune.

Les nécropoles


Dans la ville antique, le monde des vivants est totalement séparé du monde des morts. Les zones funéraires sont donc toujours placées à l’extérieur des limites de la ville (limite réelle comme le rempart ou virtuelle par le tracé virtuel de ses limites). Elles s’étendent le long des voies d’accès.

Au IIIe siècle, le réseau urbain se rétracte et des enceintes sont construites autour des agglomérations. Les premiers évêques mettent en place des cathédrales dans le noyau fortifié à partir du IVe siècle  alors que les inhumations des chrétiens a lieu dans un autre secteur, hors de l’enceinte. Une basilique funéraire est construite sur ce site, pour célébrer un martyr, la mort du premier évêque ou toute autre manifestation. La tradition du Bas-Empire de séparation des deux mondes est donc conservée. Peu à peu, des monastères sont construits autour des basiliques ; vivants et morts se côtoient ; le faubourg gagne du terrain et le cimetière se retrouve intra muros, accroché à son sanctuaire…

L’orientation privilégiée des tombes au Bas-Empire est est-ouest, la tête du défunt étant orienté du côté du soleil levant. Notons qu’il est très difficile de différencier les tombes païennes des tombes chrétiennes au Bas-Empire, tant les traditions se ressemblent et sont liées.

 

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