Âge du Bronze : Sépultures

Nicolas Prudhomme 19 mars 2017 Commentaires fermés sur Âge du Bronze : Sépultures
Âge du Bronze : Sépultures

L’Âge du Bronze – 1900 à 750 avant J.C.

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Cette présentation se veut globale et n’est pas exhaustive. Elle indique seulement les tendances.

CONTENU

« Champ d’Urnes » du Bronze Final II (Les Fontaines Salées, Côte d’Or)

Urne d’incinération de type Mailhac.

Plan d’une tombe en fosse couverte d’un tumulus de terre entouré d’une couronne de pierres (Castres)

Urne funéraire du Bronze Final II (Période des Champs d’Urnes).

Urne funéraire du Bronze Final II (Période des Champs d’Urnes).

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Les rites funéraires : le reflet des évolutions de la société


Au Bronze Ancien et au Bronze Moyen, incinération et inhumation coexistent, avec une forte domination de l’inhumation. Les tombes sont en général riches en mobilier funéraire : céramiques, armes ou objets en bronze constituent le “fond funéraire”.

Le Bronze Final tranche avec le Bronze Moyen dans ses pratiques. La société devient plus militaire, plus guerrière. Un régionalisme s’installe, les sociétés lacustres nord-alpines accentuent leurs influences, le métal circule à travers l’Europe.

Au Bronze Final II, la pratique de l’incinération se répand brusquement (époque des “Champs d’Urnes”) et périclite presque aussitôt, dès le Bronze Final III. Au cours de ces périodes, les jeunes enfants continuent en général à être inhumés à proximité voire dans l’habitat.

 

Les rites funéraires du Bronze Final


L’inhumation domine dans la première phase du Bronze Final. La richesse du mobilier permet d’identifier la classe hiérarchique des défunts (nous connaissons quelques riches incinérations par ailleurs). A la phase II, l’incinération devient le rituel systématique. Une urne sert à recueillir les ossements brûlés. Le mobilier devient relativement pauvre en objets en bronze, mais reste beaucoup plus riche en céramique. A la phase III, une régionalisation des rites s’opère entre inhumation ou incinération.

 

Les monuments funéraires


L’inhumation en tombe se fait sous tumulus, entouré en général de plusieurs fossés. Les enclos sont souvent encore visibles par photographies aériennes. Au Bronze Final I, le principe “enclos et tumulus” se développe dans le Bassin Parisien.

Au Bronze Final II, les incinérations se répartissent à la périphérie des tumuli. Le retour des tumuli à enclos se fait au Bronze Final III. On observe l’apparition de grands enclos rectangulaires, en trou de serrure ou ovoïde, lieux potentiels de dépôts votifs ou de temples.

 

Rites funéraires, céramiques et dépôts votifs


La céramique s’adapte à la culture de l’incinération du Bronze final II. On parle de l’époque des “Champs d’Urnes”, qui fait allusion aux nécropoles groupant les urnes. Des études récentes semblent prouver qu’on ne peut parler d’une migration de population diffusionniste à l’origine de ce phénomène (il en existe des origines géographiquement discrètes). On ne parle donc plus de “civilisation” des Champs d’Urnes mais de période des “Champs d’Urnes”.

On retrouve des armes, des armures et des casques dans les rivières : s’agit-il d’offrandes ? A la fin de l’Âge du Bronze, les tumuli sont l’apanage des puissants, qui annoncent les riches tombes princières du Hallstatt.

 

Le cas des rites funéraires dans le Midi de la France


Jusqu’au Bronze Moyen, les sépultures peuvent regrouper un à plusieurs individus. Au Bronze Final, les dépôts sépulcraux en grottes dominent.

Dans la région de Montpellier, on trouve des tombes ovales dallées en pierre sèches, au Bronze Moyen. Elles recèlent des incinérations et des offrandes.

Même en l’absence de tumulus il existe un balisage de l’espace funéraire, peut-être par des stèles ou de petits tumuli.


 

 

 

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